Manifestations contre l’austérité : Stratégies médiatiques

Photo : Félix Diaz

Photo : Félix Diaz

Les médias ont très peu rapporté les manifestations du 29 Novembre dernier. Ils ont déclaré que 125 000 personnes en tout avaient participé aux deux évènements réunis, à Montréal et à Québec. Cette déclaration est absurde : cette journée-là, il était impossible de louer un autobus au Québec, puisqu’ils étaient tous réservés pour les manifestants qui arrivaient des quatre coins de la province. J’étais moi-même dans un autobus rempli d’étudiants du Cégep de Jonquière qui étaient tous motivés à faire entendre leur voix. Les organisateurs de l’évènement ont déclaré qu’il y avait au moins 200 000 personnes sur place (je ne suis pas au courant des chiffres pour Montréal, mais ça doit se situer dans ces environs). Il suffit d’observer (en HD) le vidéo que j’ai réalisé pour s’en rendre compte :

Les médias utilisent des stratégies, comme à l’habitude, pour étouffer les sentiment d’appartenance face à ces mobilisations. Ils veulent donner l’impression au peuple qui est resté chez lui, qu’il n’a pas à se sentir mal de l’avoir fait et que de toutes façons, l’évènement n’était pas d’une ampleur assez importante pour y apporter un changement quelconque. Au début du printemps érable de 2012, ils se sont servis de la même tactique. Ensuite, quand le mouvement a vraiment pris plus d’ampleur, ils ont mis l’accent sur les manifestants violents qui ne venaient que pour semer le chaos. De cette façon, ils ont semé la peur chez le public, en les laissant croire que les étudiants se mobilisaient pour des objectifs barbares et ont encouragé la baisse de popularité du mouvement.

À chaque manifestation, les chiffres déclarés par les médias étaient largement inférieurs à ceux annoncés par les organisateurs. On voit donc qu’ils utilisent encore et toujours la même tactique. Mais cette journée, le goût du changement était palpable dans l’air. Malgré le pacifisme total de l’évènement, la frustration du peuple et le refus catégorique des mesures d’austérité se sentait. Les policiers étaient très collaboratifs et respectueux, ce qui est une bonne chose car beaucoup de familles étaient présentes. Peut-être ont-ils compris que les mesures d’austérités les touchent autant que nous. Espérons-le.

Il suffit d’observer les pays de l’Union Européenne ou de n’importe quel pays qui subit l’austérité pour avoir la confirmation que ça ne règle pas les problèmes, loin de-là. Ça creuse encore plus le fossé entre les riches et les pauvres. Ça nous prive de nos services, nos droits fondamentaux, bref, de tout ce qu’est supposée nous apporter la démocratie. On va s’entendre qu’on travaille déjà assez d’heures par semaine pour s’épuiser à la tâche en quelques années seulement, et que le salaire du québécois moyen permet de moins en moins de subvenir à nos besoins. C’est de plus en plus difficile de s’épanouir, de de vivre une vie heureuse et remplie de passions, de passer du temps avec nos enfants.

Dans le temps de mes parents, un père de famille pouvait travailler 30 heures par semaines, laisser sa femme à la maison, et quand même avoir les moyens de s’acheter une maison dans la vingtaine. De nos jours, le couple travaille près de 45 heures par semaine et réussit à peine à payer un loyer dans le sous-sol de leurs parents. Ça s’apelle l’inflation : même si le salaire minimum augmente peu à peu, le pouvoir d’achat et le coût de la vie augmentent encore plus. Peut-être qu’on est trop distrait par l’alcool, la télévision, nos cellulaires et le nombre de likes qu’on a sur Facebook. On se rendra bien vite compte qu’on aura gaspillé nos vies à travailler et à faire pas grand choses d’excitant, trop occupés à compter nos factures et à espérer rentrer dans nos budgets pendant que le gouvernement coupe encore plus, pour rembourser une dette imaginaire irremboursable.

Nous devons donc continuer de participer à ces évènements en plus grand nombre, car ce n’est pas avec une seule mobilisation qu’on arrivera à nos fins, mais bien avec plusieurs manifestations pacifiques d’ampleur de plus en plus grande. Plusieurs d’entre elles sont à venir, d’autres grèves un peu partout, bref, c’est de plus en plus clair qu’on se prépare pour un printemps érable 2015. Accepter ces mesures, c’est accepter de se faire manger la laine sur le dos, pour le profit et les intérêts des multinationales et du 1% déjà amplement riche. C’est décider d’ignorer des changements qui affecteront grandement l’accès à l’éducation, aux services sociaux et à un mode de vie de qualité aux générations futures. Parlez-en à vos amis et votre famille.

Un peuple uni, jamais ne sera vaincu! Fais que… joignez dont le combat!

 

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